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On ne peut comprendre l’esprit de Strasbourg sans se rendre au centre-ville qui est à la cité ce que le cœur est à l’homme : le moteur de la vie. Classé au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1988, le centre ville est un joyau qui nous vient tout droit du passé avec ses ponts couverts du 13ème siècle, sa Maison Kammerzell du 15ème siècle ou encore le magnifique quartier « La Petite France » miraculeusement épargné par les guerres. Ce lieu pittoresque promène les visiteurs parmi ses ruelles étroites et bordées de maisons colorées à colombages qui semblent défier les lois les plus élémentaires de la physique : Aucun angle droit, pas deux fenêtres identiques et pas un seul niveau vraiment plat. De quoi rendre fou n’importe quel architecte un tant soit peu pointilleux. Toujours au cœur de la ville, trône majestueusement la cathédrale. Entièrement faite de grès rose, son cœur commencé dans un style roman tardif, laisse vite la part belle au reste du bâtiment typiquement gothique. Comme beaucoup d’édifice religieux, elle ne possède qu’une seule flèche au lieu des deux initialement prévues, faute de moyens financiers. Mais c’est à l’intérieur que se cachent ses plus beaux trésors : une extraordinaire horloge astronomique au mécanisme très complexe ainsi qu’un orgue qui ravirait même le plus néophyte des mélomanes. Poursuivons notre visite par le quartier allemand de la ville avec ses bâtiments imposants et ses grands espaces. La place de la République, bordée par le Théâtre National de Strasbourg ainsi que la Bibliothèque Nationale et ses 3 millions d’ouvrages, est un grand espace vert circulaire au centre duquel se trouve le monument aux morts. Ce monument, avec pour seule inscription « A nos morts », représente une mère, symbolisant la ville, portant dans ses bras ses deux enfants mourants, l’un portant l’uniforme français et l’autre allemand. Il s’agit d’un des seuls monuments aux morts français de nature pacifiste. Un peu plus loin, le Palais Universitaire, lui aussi de style allemand, abrite toujours entre ses colonnes de marbre les salles de classe des étudiants en Histoire, Archéologie et Art plastiques. Une excursion sur l’un des nombreux bateaux mouches qui sillonnent l’Ill, la rivière qui traverse la ville, nous permet d’apercevoir sur l’un des quais une étrange église : elle semble tout droit sortie de l’imagination d’un architecte incompétent. En effet, l’église Saint Guillaume dispose d’un clocher de forme trapézoïdale. Ceci n’est pas dû à une erreur mais au fait que le clocher fut ajouté à un ancien monastère ayant déjà cette forme particulière à l’origine. Plus loin, alors que nous flottons toujours, un autre édifice religieux semble surgir du fond des eaux : l’église Saint-Paul. Elle aussi en grès rose, elle est de construction germanique et scinde la rivière en deux. Nous nous éloignons de la ville pour voguer vers le quartier européen. Ici sont réunies toutes les institutions de l’Union européenne de Strasbourg : le parlement, la cour européenne des droits de l’homme… Tous ces bâtiments sont de véritables chefs-d’œuvre de l’architecture contemporaine et donnent à ce nouveau quartier une allure futuriste. Retour au centre-ville, Pourquoi ne pas louer des vélos pour nous rendre au jardin des deux rives. Ce moyen de locomotion, économique et écologique est idéal pour circuler dans la capitale alsacienne. En effet, avec ses près de 500 kilomètres de pistes cyclables, la ville fait figure d’exemple à l’échelle française dans ce domaine. Alors que nous roulons nous passons devant la gare de la ville, entièrement protégée d’un dôme de verre, qui lui donne un curieux aspect, mélangeant à la fois passé et futur. Nous voici enfin arrivés au jardin des deux rives, plus grand parc de la ville qui s’étend des deux côté du Rhin. Il est le fruit d’un partenariat avec la ville allemande voisine de Kehl et offre de s’instruire sur les plantes d’une manière à la fois surprenante et ludique. De nombreuses fontaines toutes très originales rythment notre balade parmi les différente parties du parc. Afin de pouvoir relier les des rives sur lesquelles s’étend le parc, une passerelle piétonne enjambe le fleuve. Elle permet de passer de la France à l’Allemagne d’un pas insouciant et léger et symbolise tous les progrès d’entente réalisés depuis 1945 entre deux pays longtemps ennemis. Nous l’empruntons pour passer de l’autre côté… Ainsi quittons nous Strasbourg, ville au riche et tumultueux passé qui baigne maintenant dans les eaux calmes de la paix retrouvée. |