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Comme vous le savez, Epik’Art prend les choses à la source. C’est pourquoi je vous invite à descendre la Loire avec moi, de son origine jusqu’à l’océan Atlantique. Le hasard nous amène donc à commencer notre périple par le plus majestueux de tous les châteaux : le Château de Chambord. Ce somptueux chef-d’œuvre de la Renaissance française surgit des marais et se pare d’une vaste forêt de plus de 5 000 hectares. Il fut bâti en 1519 sous l’ordre de François 1er qui désirait se rapprocher de sa maîtresse, la Comtesse de Thoury. Une vaste enceinte rectangulaire compose le château, flanqué également de tours rondes et d’un donjon aux proportions démesurées. Avec ses centaines de pièces et ses dizaines d’escaliers, il arbore une architecture proche de celle des châteaux forts du Moyen Age et traduit une inspiration indiscutable de Léonard de Vinci. La Tour Lanterne, la terrasse, les voûtes, la décoration m’emmènent droit vers une autre époque. Je m’imagine à la table du roi ou en riche représentant d’une royauté quelconque, discutant avec la cour et faisant une révérence à l’homme à la fleur de lys. Outre les appartements du roi et les nombreuses pièces qui s’offrent à mes yeux, cette merveille classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO héberge aussi, au second étage, un Musée de la Chasse et de la Nature. Vous serez définitivement séduits par la majesté de ce géant blanc aux 3 000 objets d’art. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Prochain arrêt : le Château de Blois. Autour d’une seule et unique cour, ce ne sont pas moins de quatre châteaux qui nous accueillent. Chacun d’entre eux adopte un style différent : nous passons du gothique du XIII° siècle au gothique flamboyant, puis de la Renaissance du XVI° siècle à l’architecture classique du XVII°. Le château de Blois fût pendant très longtemps la résidence préférée des rois de France. Tout laisse donc supposer que de belles surprises nous attendent ici. Au rez-de-chaussée de l’aile François 1er (encore lui) se trouve notre premier émerveillement : quatre salles permanentes proposent une exposition rare et exceptionnelle de sculptures datant des XVI° et XVII° siècles ainsi que des moulages, témoins de l’histoire architecturale du château. Autre merveille située dans les appartements du roi Louis XII : il s’agit du Musée des Beaux-Arts, installé là depuis 1869, qui propose un voyage du XVI° au XIX° siècle au travers de peintures, de sculptures, de tapisseries et de chef-d’œuvres d’art décoratifs plus somptueux les uns que les autres. Chaque aile du château me dévoile ses secrets et ceux de ses habitants d’antan. C’est une excursion au milieu des rois qui m’est proposée. Mais il est déjà temps pour moi de partir vers notre splendeur suivante. Me voici donc arrivée à Cheverny. Le château domine un très beau parc à l’Anglaise dans lequel se côtoient tilleuls, séquoias et cèdres et qui accueille encore aujourd’hui des séances de vènerie. La bâtisse, quant à elle, est décorée des œuvres du blésois Jean Monier. L’histoire de Don Quichotte m’est contée sur les parois de la salle à manger, la chambre du roi se perce de caissons et de lambris et la salle d’armes se pare de dorures à la feuille d’or. Les différentes pièces regorgent de mobilier venu d’époques différentes mais s’intégrant parfaitement dans ce décor original, comme cette commode Boulle Louis XIV. Toutes sont mises en valeur par des tapisseries et des broderies d’époque. Aussi bien en son intérieur que dehors, ce domaine invite à la flânerie, on ne sait que choisir entre les jardins et les salles du château. Le château de Cheverny quitté, c’est à Chenonceau que je marque un quatrième arrêt. Et quel arrêt ! La majesté de ce colosse semblant jaillir des eaux me laisse sans voix. Une fois n’est pas coutume, c’est une femme, Katherine Briçonnet, qui en demanda la construction en 1513. Il fut ensuite amélioré et embellit par Diane de Poitiers et Catherine de Médicis, ce qui lui vaut le surnom bien mérité de « Château des Dames ». Il s’entoure de jardins à la Française et d’un parc qui lui confère une beauté toute particulière. Ce château de la Renaissance abrite de riches collections de mobilier, de tapisseries des XVI° et XVII° siècles et de tableaux de maître. La touche féminine est plus que présente, tant en termes de finesse que de décoration. C’est à regret que je quitte cette splendeur pour reprendre la route. Amboise… Rien que son nom nous évoque à tous mille souvenirs d’enfance. Son château fût le premier à introduire le style italien dans le Val de Loire. Bâti aux XV° et XVI° siècles, il recèle un riche mobilier gothique et Renaissance. C’est justement à la Renaissance que cette forteresse médiévale devient une résidence royale. Invités par les rois qui marquèrent notre histoire, les plus grands noms de l’époque y séjournèrent, comme Léonard de Vinci, qui repose aujourd’hui dans la Chapelle du château. C’est Charles VIII qui fît aménager les jardins qui entourent le bâtiment mais aussi l’aile du Logis du Roi, la Tour des Minimes et la Chapelle Saint Hubert. A l’intérieur, je revis les somptueuses cérémonies, les bals, les immenses repas qui furent organisés dans cette ambiance luxueuse. Ma visite se clôture sur la terrasse, d’où j’apprécie une vue imprenable sur le Val de Loire et les jardins somptueux. Mais que vois-je au loin ? Ne serait-ce pas le château de Villandry ? Allons voir… Et oui, voici le dernier des grands châteaux Renaissance du Val de Loire. Le château de Villandry est construit sur une ancienne forteresse du XII° siècle dont il ne reste plus que les fondations et le donjon. Son érection fut ordonnée par l’un des ministres de François 1er, Jean le Breton, qui s’appuya sur ses connaissances acquises lors de la construction du château de Chambord. En 1754, le château de Villandry devient la propriété du Marquis de Castellane. Ce dernier fît construire des dépendances de style Louis XV et aménagea l’intérieur selon un style XVIII°. Le Docteur Carvallo rachèta la demeure au début du XX° siècle et y consacra toute son existence. Il redessina, entre autres, le parc du château et fût l’un des premiers propriétaires à faire pénétrer le visiteur entre ses murs. Tout au long de l’année, le château accueille plusieurs expositions et organise de nombreux évènements comme « Rendez-vous aux Jardins », la « Nuit des Mille Feux » ou encore les « Journées du Potager ».De grands moments de poésie et de féerie en perspective. Ces moments magiques me portent dans mes songes. Les châteaux se succèdent et ne se ressemblent pas. Je crois rêver en arrivant à Azay-le-Rideau. C’est un paysage de conte de fée qui m’est offert. Là, devant moi, le château d’Azay paraît flotter sur cette île de l’Indre. Sa construction remonte à presque mille ans, lorsque les seigneurs de Tours voulurent protéger le passage qui les menaient jusque Chinon. Le tumulte des âges confia à cette immense bâtisse de nombreux propriétaires, dont les Marquis de Biencourt. Mais le dernier de ces marquis, ruiné sous l’Ancien Régime, dût vendre ses terres et le mobilier du château. C’est l’Etat qui le rachète en 1905 et qui y installe les collections du Musée National de la Renaissance. A l’intérieur, j’apprécie une succession d’œuvres d’art plus belles les unes que les autres, des tapisseries, des peintures, des objets du quotidien. Mais je me réveille malgré moi et me rends compte qu’il est déjà temps pour moi de partir. J’arrive à Langeais. Ses deux châteaux virent, eux aussi, se succéder les grandes figures de l’Histoire comme Charles VIII, Foulques Nerra ou encore Louis XI, C’est dans le château de Louis XI que fût célébré le mariage d’Anne de Bretagne et Charles VIII en 1491, symbole du rattachement de la Bretagne à la royauté française. Malheureusement, Charles VIII meurt quelques années plus tard et Anne est contrainte à épouser son cousin : Louis d’Orléans, le futur Louis XII. Après le XV° siècle, le château tombe entre les mains de personnes moins soigneuses et est quasiment laissé à l’abandon. Il faudra attendre 1886 et l’arrivée de l’homme d’affaire Jacques Siegfried pour qu’il retrouve son éclat d’antan. Il passa vingt années de sa vie à rassembler meubles et objets de décoration pour recréer le cadre de vie des seigneurs de la fin du Moyen Age et, à sa mort, il céda son bien le plus précieux à l’Institut de France, toujours propriétaire des lieux. La visite me fait remonter quelques siècles en arrière et me remémore l’Histoire de France. Avec le donjon de Foulques Nerra et son nouvel échafaudage, je remonte même jusqu’aux techniques de construction du X° siècle. Je me balade ensuite au milieu des tapisseries « des Preux », des objets d’Art sacré, et je suis subjuguée par la salle des faïences, qui firent la célébrité de Langeais au XIX° siècle. Le château de Saumur m’appelle à lui. Visible à des kilomètres et dominant un coteau de la Loire, sa vue m’impressionne. Le château de la ville semble tout droit sorti de La Belle au Bois Dormant. Ce géant de pierres se cache dans un somptueux écrin de verdure et domine de toute sa puissance la ville ancienne. Cette résidence ancestrale des Ducs d’Anjou n’a rien à envier aux châteaux que je viens de visiter. « Le Château d’Amour », ainsi qu’il fut surnommé par le Roi René, mêle délicatement magnificence et génie architectural. Objet d’art parmi les œuvres d’art, le château de Saumur héberge les collection du Musée Municipal : les arts décoratifs, les beaux-arts, l’archéologie, les céramiques et les tapisseries du XV° au XVIII° n’ont plus aucun secret pour moi. Mais le château me réserve encore des surprises. En effet, sous ses charpentes, cette forteresse abrite le Musée du Cheval qui rassemble des objets, venus du monde entier, relatifs à l’harnachement des destriers, depuis l’antiquité jusqu’au début du XX° siècle. De quoi me faire fondre de plaisir ! Malheureusement, je ne suis pas la princesse Aurore et il nous reste encore un dernier château à visiter…Il faut signaler que l’intérieur du château est fermé, pour cause de restauration, à la visite mais qu’on peut accéder aux terrasses extérieures ainsi qu’à une sélection des plus beaux objets des collections de harnachements jusqu’au 30 septembre 2008. Me voici donc arrivée au terminus de notre périple : le Château d’Angers. Construite par Saint Louis, c’est une forteresse de schiste et de calcaire qui m’accueille. Elle s’orne de 17 tours, et, une fois le pont-levis franchi, j’entre dans une grande enceinte composée d’un jardin splendide et de l’ancienne résidence des Ducs d’Anjou. Je visite la chapelle, le Châtelet du roi René, le Logis Royal surplombé de la tenture de la Passion. Mais c’est une autre tapisserie qui retient toute mon attention : la tapisserie de l’Apocalypse, située dans une galerie de plusieurs mètres de long d’où jaillissent des couleurs étincelantes, des personnages héroïques et bien d’autres merveilles artistiques. Une dernière escale sur les remparts finissent de m’éblouir : bien plus que les splendides jardins du château, c’est tout Angers qui s’offre à moi ! Nous voilà au bout de notre aventure sur les bords de la Loire. J’espère qu’il vous a plu de la lire autant que j’ai aimé la vivre. Je repars avec des rêves de grandeur plein la tête et me prendrais presque même pour une princesse… Si je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : n’attendez plus et partez conquérir les mille et un châteaux qui se cachent dans cette magnifique région ! Plaisir et surprises garanties. Crédit photos : JM Laugery (Langeais), Office du Tourisme de Villandry, château de Saumur, Images de Marc (Chenonceau), Office du Tourisme de Blois (Cherverny, Chambord, Blois), Domaine national de Chambord Article rédigé par Cathy P. Epik’Art, le portail de l’artisanat. |