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Le corps est composé de deux bras, deux jambes, un buste, une tête ? Jusque-là, nous ne vous apprenons rien qui ne risque de transformer votre vie à jamais. Un œil en verre soufflé de 15 cm ne vous étonnera pas pour le moment. Roberto Avila cherche à faire ressortir la « noblesse du précieux » et à s’en servir comme d’un exutoire artistique. Mélange des genres, fusion des innovations technologiques et de l’enveloppe corporelle sont ses maîtres mots. Le verre vie, s’anime sous ses doigts. Un talent qu’il a acquis notamment à Barcelone et aux côtés d’Etienne Leperlier. Les films de science-fiction nous exposent des hommes bioniques qui valent 3 milliards, notre environnement est composé de machines, elles s’immiscent de plus en plus dans notre quotidien. Pourquoi ne serait-ce pas le cas dans l’art ? Une plongée dans l’univers de Roberto Avila pourrait vous ragoûter, ou au contraire vous plaire, dans les deux cas vous serez intéressés. Le thème prédominant est à chercher du côté médical. Une béquille qui n’en est pas une, mi-béquille, mi-squelette résume la situation actuelle de l’Homme. Il vit de plus en plus vieux, il use de cœurs artificiels, alors pourquoi l’être humain ne servirait-il pas de matériau artistique ? Un cerveau dans un cube de verre en guise de « presse-papier », l’horreur d’un fœtus qui se multiplie avec l’opacité de la pâte de verre où des ramifications nerveuses semblent envahir l’espace. Choquant, extravagant, bien entendu, intéressant, surtout. Au détour d’une boutique design, vous pourrez certainement rencontrer un jour une « Horloge biologique », c’est-à-dire un cœur en verre avec une horloge au centre qui signifie le passage du temps. L’interprétation réelle est sans doute connue que de l’auteur lui-même, mais n’est-ce pas une caractéristique de l’art de s’interroger ? Et d’ailleurs, c’est ce que recherche notre artiste, pousser le spectateur à la réflexion. L’électronique imprègne perpétuellement notre société. Le cerveau est un muscle compliqué, il a tendance à défaillir avec le temps, qu’à cela ne tienne, une greffe de composants et il est comme neuf. Utopie ? Pour le moment peut-être, mais pas dans l’art comme le prouve « Pentium Brain ». Au commencement, il y avait Adam et Eve, cette dernière s’en alla, laissant Adam seul à son triste sort. Admirez « Adam Reloaded », nouveau façonnage des cellules du premier homme qui laisse béa d’admiration. « La passion s 'accroît suivant les obstacles qui s’imposent » disait Shakespeare, Epik’art y croit, l’art de Roberto Avila est semé d’embûches qui nous sont inhérentes. Article publié par Manuel P. Epik'art, le portail de l'artisanat |