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Texte général sur la sculpture
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Une sculpture n’existe que si elle dépasse l’anecdote du sujet pour s’inscrire dans l’harmonie d’un Tout:
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Texte général sur la sculpture rédigé par F. Huchon et G. Le Perse. Une sculpture n’existe que si elle dépasse l’anecdote du sujet pour s’inscrire dans l’harmonie d’un Tout: - l’architecture de la forme qui structure aussi l’espace autour de la forme, - le modelé qui fait chanter la lumière, - la vérité qui transcende l’exactitude, - la chaîne de transmission qui forge le talent, - l’armature invisible de l’âme qui élève l’ensemble pour lui faire atteindre l’Humain. Il faut en effet être Homme avant d’être artiste. Homme sincère ajoutant le fond à la forme et le signifié au signifiant, loin des artifices de style et des recherches esthétiques gratuites. Homme sensible parlant à tous les autres hommes la langue commune de l’émotion et du ressenti, sans traduction conceptuelle. Homme universel situant son œuvre dans le temps artistique : un temps arrêté, qui échappe aux préjugés éphémère des modes pour rejoindre le questionnement éternel de l’Etre. Texte sur les références mythiques et symboliques : Les sculptures peuvent être des supports symboliques témoignant de toutes les aires du conscient culturel et de l’inconscient individuel. Signes chargés de sens, elles sont chacune le mot d’une seule et même phrase qui interroge la destinée de l’Homme en laissant questions et réponses s’achever dans la résonance intime de chacun. Les mythes antiques ou la Divine Comédie sont autant de relais entre le montré et le caché, le visible et l’invisible, le dicible et l’indicible : cet incessant tissage où se révèle la réalité secrète du monde et la vérité profonde de l’Homme qui le contemple. Texte sur l’intemporalité de l’art : C’est un travers actuel que de chercher dans l’histoire de l’art un temps linéaire évoluant vers un progrès. C’est aussi une vanité puisque cela revient à affirmer que notre époque détient plus de vérité et d’accomplissement que toutes celles l’ayant précédée. Le traité d’une œuvre ne peut se réduire à la recherche d’un style ou d’une originalité mais doit résulter d’une adéquation profonde avec ce que l’artiste ressent et veut exprimer, hors toute convention de mode. Tous les registres doivent alors lui rester grands ouverts car une œuvre n’a ni temps ni lieu. Elle est œuvre ou elle n’est pas; La justifier par son appartenance à une époque revient à considérer l’art comme un épiphénomène de société et un symptôme historique nécessitant une notice explicative. Phidias, Michel-Ange, Rodin, Carpeaux, Bourdelle, Degas, Maillol, Giacometti ne représentent pas une évolution linéaire de la sculpture vers un progrès mais une seule et même chaîne dont chaque maillon traverse le temps qui passe pour atteindre le temps qui demeure. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Eve Une main qui cache son visage tandis que l’autre tient encore le fruit défendu, le corps qui tente de s’extraire du poids écrasant de la condition terrestre… Eve vient de devenir expression symbolique de la tentation et du péché. Mais tout symbole a aussi son contraire et la lecture réversible de ce nom semble y inviter. Eve peut se lire de gauche à droite : du paradis vers l’enfer, comme de droite à gauche : de l’enfer vers le paradis. A chacun de décider : l’avenir ou le passé ? La paix ou le tourment ? Le divin ou le terrestre ? A moins d’immobiliser enfin ce grand balancier sur la lettre centrale et d’équilibrer ainsi les extrêmes dans un tout indissociable où chacun est responsable de sa propre harmonie. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Adam Pour avoir voulu rivaliser avec Dieu en touchant à l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, Adam vient de perdre sa véritable primauté qui n’était pas celle de premier homme mais d’homme premier, sommet de la création, établi à l’image de Dieu mais… autre que Dieu. Déjà écrasé par sa nouvelle condition d’homme conscient et mortel, il comprend ce qui va advenir… … désormais, il pensera le monde au lieu de le percevoir, il nommera les choses au lieu de les ressentir, il ajoutera à toute réalité sa propre projection mentale où viendra se glisser l’enfer intérieur de ses peurs, de ses doutes et de ses certitudes, il vivra ainsi avec des vérités relatives et des questions sans réponse. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Icare Personnification mythique des ambitions vaniteuses et démesurées, Icare continue à interroger l’Homme sur le véritable sens du dépassement de soi. Parvenir à voler pour s’élever à un niveau supérieur en échappant à ses propres dédales est une ascension mais voler toujours plus haut en cédant à la folie des grandeurs est une prétention qui mène à la chute --------------------------------------------------------------------------------------------------------- Succube Créature de désir brut glissée dans une apparence humaine, le succube incarne la structure multiple et ambivalente de tout être, éternellement partagé entre des forces instinctives obscures et des aspirations profondes conscientes. Une dualité fondamentale au sein de laquelle l’Homme doit cependant se connaître, s’unifier, s’harmoniser, faute de quoi le principe animal qui est en lui peut passer du symbolique au fantasmagorique et l’amener un jour à croire aveuglément au démon… ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- La folie volant au secours de la Sagesse Se priver de toute déraison de vivre n’est-ce pas se priver d’une raison de vivre ? Et si c’est au nom de la sagesse, est-ce encore de la sagesse ? --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- L’espoir L’Espoir ne peut venir que de l’Amour, de l’Harmonie et de la Spiritualité : toutes recherches qui sont une participation analogique au Divin. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- L’inaccessible étoile Comme l’idéal, le rêve et la perfection, l’étoile n’est pas faite pour être atteinte mais pour grandir à vouloir l’atteindre. Interstice lumineux ouvert comme une porte dans les ténèbres, elle permet juste de recevoir la lumière qui régénère l’Homme et le fait entrer dans l’infini des possibles. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Sic transit gloria mundi Ainsi passe la gloire du monde… mais quand la gloire est le seul but de la vie, la vie a-t-elle encore un sens ? Cultiver sa gloire plus que sa vérité laisse toujours comme séquelle douloureuse un implacable sentiment d’inanité, de vide ajouté au néant, à l’heure où l’Homme quitte sa matérialité. Ou (nouvelle variante, ça vient de sortir ) : Ainsi passe la gloire du monde… mais quand la gloire est le seul but de la vie, la vie a-t-elle encore un sens ? Ce qui fait la grandeur d’un homme, ce n’est pas sa hauteur mais sa profondeur et l’aptitude qu’il a à tendre des cordes sensibles à la surface de sa vie pour en faire vibrer l’harmonie. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- L’architecte Au cœur du chaos originel, l’Architecte a marqué le point central d’où rayonnera le loi organisatrice de l’univers. Quand il aura fini d’établir de rapport entre le cercle et le carré, le temps et l’espace, l’infini et le fini, le monde pourra se manifester. L’Homme y prendra place en tant que microcosme à l’image du Tout. Il s’inscrira dans le carré : sa condition terrestre et matérielle, mais il lui suffira de lever juste un bras vers le ciel pour s’inscrire dans le cercle et s’élever au niveau de l’infini et du divin. L’Homme ne devient pleinement Homme que par ce qui lui échappe. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Salomé Qui est réellement mort ? Saint Jean-Baptiste, la victime, qu’une force spirituelle laisse à jamais présent à la vie ? Ou Hérode et Salomé, les bourreaux, qu’une faiblesse terrestre fait périr à eux-mêmes de leur vivant ? Au-delà de l’anecdote, le symbole de la victime et du bourreau est un double miroir où l’Homme se piège souvent en s’inventant un bourreau intérieur… dont il est victime, et une victime intérieure… dont il est bourreau. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ecce homo… Voici l’Homme… … l’Homme intérieur penché sur ses conflits d’existence, … et l’Homme universel, penché sur les conflits du monde qu’il contemple en témoin impuissant et en humain blessé dans sa propre humanité. Voici l’Homme à la fois « regardant et « regardé », prolongé par l’interrogation de tous les autres hommes. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Les esclaves Asservis par un tyran sans arme ni joug, sans forme ni consistance, sans matérialité ni existence, les esclaves se débattent contre les entraves invisibles de leurs propres tourments. Parvenus au point de déséquilibre, ils ont cependant la possibilité de se relever et de se libérer. La tension de leurs muscles, la torsion de leurs membres et la faiblesse de leurs liens en témoignent. Mais ont-ils la volonté de passer de l’autre côté des certitudes et des servitudes ? De ne plus penser que leur souffrance est conforme à leur destinée pour envisager que leur destinée se conforme peut-être à leur souffrance ? Sont-ils seulement conscients du bourreau intérieur qui les damne de leur vivant ? ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Les ombres Dans le 8ème cercle de l’Enfer de Dante vivent les ombres voilées des hypocrites qui ont écartelé leur âme entre des pensées, des paroles et des actes contradictoires ne pouvant s’unifier en un tout cohérent. Parce qu’ils se sont dérobés à la lumière, ils seront à jamais des ombres. Parce qu’ils se sont dissimulés aux regards, ils seront à jamais cachés. Parce qu’ils ont fui la première des vérités qui est la vérité de soi-même, ils n’accèderont jamais à la révélation de l’ultime vérité. Un hypocrite ne l’est pleinement que s’il l’est à moitié. La vérité se charge du reste. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Les portraits Du corps physique au corps subtil, de la vérité extérieure à la vérité intérieure, le portrait est pleinement Art quand il accomplit cette alchimie secrète où l‘invisible de l‘âme perce et rayonne au-delà de la matière. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Les esquisses Dépouillées de tout détail mais riches de l’essentiel, les esquisses sont la quintessence de l’œuvre finale. La pensée pure. Elles ne figent pas la vie mais la laissent traverser, s’inscrire à jamais dans le présent entre la mémoire de l’instant qui fut et l’annonce de celui qui sera
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