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La technique de la taxidermie se résume à construire une structure ou squelette (en fil d’acier, bois ou polystyrène) sur laquelle on reconstitue les formes de l’animal. A l’origine cette reconstitution se faisait en paille, d’où le terme d’ « empaillage ». On parle aussi de naturalisation. La peau de l’animal est ensuite posée par-dessus et ajustée après avoir été tannée et protégée par des agents chimiques divers. Pour restaurer au mieux les caractéristiques de l'animal et rendre la plus réaliste possible la reconstitution, le taxidermiste utilise des yeux de verre et d'autres artifices pour certains organes qui ne peuvent pas être conservés chimiquement, comme par exemple la langue. Pour résumer son travail passe donc d’abord par les phases de dépouillage et de tannage. S’en suit la phase du mannequin qui consiste en la reconstitution de la forme général de l’animal dans une posture donnée. Pour finir arrive la phase de montage/démoulage qui se résume à enfiler la peau sur le mannequin, éventuellement enduit d’une graisse pour faciliter le montage. En général, de petites retouches sont nécessaires soit sur la peau elle-même, soit sur les formes du mannequin, avant la couture finale. La technique du moulage est généralement utilisée sur les poissons cela étant plus simple bien que plus onéreux. On l’utilise aussi pour certaines pièces comme les groins, les becs, les dents, les pattes… Les conditions de travail du taxidermiste sont particulières. La plupart du temps il opère seul dans son atelier où il stock et conserve les dépouilles. La taxidermie nécessite beaucoup de patience et de minutie ajoutées à une grande dextérité. Le sens de l’observation et la recherche sont également des atouts pour exercer cette profession. A ces qualités naturelles s’ajoutent des connaissances pointues en chimie, technologie mais aussi matières plus artistiques comme le dessin, la sculpture ou le modelage. A noter que cette profession est très réglementée par la loi, les espèces animales ne pouvant être naturalisées qu’à des fins très précises. De plus le rythme de travail du taxidermiste est fortement lié à la saison de la chasse et ce dernier doit respecter la législation en vigueur concernant les espèces animales protégées. Dans le cadre d’utilisation de produits chimiques toxiques l’exercice de cette profession nécessite également une hygiène stricte (utilisation de vaccins, gants, masques…). Malheureusement la conjoncture fait que la profession connaît 2 points faibles. Ainsi les perspectives d’emploi sont assez faibles et les professionnels ont vu leur nombre diminué de moitié depuis une dizaine d’années. Cela s’explique en partie par le fait que les salaires pour des taxidermistes confirmés n’excèdent parfois pas les 15 243 euros par an. Si bien que certains d’entre eux doivent trouver une deuxième activité pour subvenir à leurs besoins. Par ailleurs seulement 400 professionnels sont inscrits au répertoire des métiers et le nombre de salariés n’excède pas 100. Toutefois si ce métier à la croisée de l’art et de la science vous intéresse, vous pourrez toujours passer votre CAP de taxidermiste. Cette formation vous est ouverte si vous avez entre 16 et 25 ans, un niveau de troisième, et si vous avez signé un contrat d’apprentissage avec une entreprise reconnue par la DDTE (direction départementale du travail et de l’emploi). L’apprentissage se déroule en alternance pendant deux ans : deux semaines de formation pratique chez un patron, et une semaine de formation théorique en CFA. Les matières sont assez variées, et dépassent le cadre exclusivement technique : français, mathématiques, dessin, pratique, sciences naturelles, chimie, vie sociale et professionnelle, éducation physique et sportive. Bien que les arguments économiques ne lui soient pas toujours favorables, taxidermiste reste un métier d’exception réservé à une poignée de passionnés.
Article publié par C.E. HARFAUT Epik’Art, le portail de l’artisanat d’art |