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Nous avons tous à l’esprit l’image de cet homme à la carrure imposante assénant au fer rougeoyant de violents coups de marteau. Pourtant, le métier de forgeron est bien plus diversifié qu’on ne le pense. En effet, il peut être maréchal-ferrant, chaudronnier, faiseur de cercles ou bien encore maréchal des forges, mais son savoir-faire est immense et ses techniques précises et réfléchies. Mais commençons par le commencement, c’est-à-dire par les matériaux utilisés. Tout d’abord, le fer, très courant en Europe. Néanmoins, sa qualité variable conduisit rapidement l’homme à se diriger vers d’autres matières. Et c’est tout naturellement qu’il se tourna vers l’acier et la fonte. Tous deux issus d’un mélange de fer et de carbone, ils donnèrent lieu à de nombreuses révolutions technologiques. L’origine du métier de forgeron nous fait remonter loin dans le passé. Même s’il semble être apparu dès la préhistoire, c’est un peu plus tard qu’il connaîtra son apogée, notamment grâce à la fabrication des épées et autres engins de guerre. Le patron des forgerons est Saint Eloi. Ce dernier commença sa vie en reprenant la forge de son père, puis il choisit le métier d’orfèvre. Il réalisa, entre autres, les trônes du roi Clotaire. A la mort de ce dernier, Dagobert est couronné et nomme Eloi conseiller. Il le suivra toute sa vie mais lorsque le roi mourut, Eloi rentra dans les ordres et devient évêque. La fortune acquise précédemment lui permit de faire construire de nombreuses églises et d’évangéliser le nord de la France, puis l’Europe. Il était rare que la forge appartienne au forgeron, elle était bien plus souvent la propriété du seigneur local, des nobles et des bourgeois. Cela ne l’empêche pas de jouir d’une reconnaissance indéniable. En premier lieu parce que les paysans avaient besoin de lui pour fabriquer des outils solides et fabriquer les roues de leurs charrettes. C’est aussi un métier noble, qui n’était accessible alors qu’à une certaine élite et ferrait le plus majestueux des animaux : le cheval. Enfin, parce que la forge était souvent l’endroit le mieux chauffé du village, élément particulièrement intéressant en période de grand froid. Intéressons-nous maintenant à la plus connue des spécialités du forgeron : celle de maréchal-ferrant. Elle est la plus ancienne et est apparue aux alentours du XIII° siècle. Seuls les maréchaux-ferrants étaient autorisés, jusqu’au XVII° siècle, à soigner les animaux de leurs blessures. Le ferrage des chevaux, lui, existe depuis le V° siècle et protège les sabots de l’usure. Vient ensuite la spécialité de serrurier, apparue au XV° siècle (le serrurier n’avait pas bonne réputation auprès des habitants), et celle de chaudronnier, un siècle plus tard, qui consiste à réparer les chaudrons usagés ou à en récupérer le cuivre. Une dernière spécialité (mais il en existe bien d’autres) : celle de charron, intégrée à la confrérie des forgerons au XVIII° siècle et qui mêlait habilement les techniques du charpentier, du menuisier à celles du forgeron et réparait également les charrettes. Métier d’art et de passion, le forgeron a aujourd’hui presque disparu. Il possède pourtant un savoir-faire ancestral et attire toujours autant l’admiration de ses spectateurs ébahis. Article rédigé par Cathy P. Epik’Art, le portail de l’artisanat. |